Difficile de ne pas avoir entendu parler des problèmes de réception de l’iPhone 4. Les autres constructeurs se sont pour certains défendus d’avoir le même genre de souci, voire attaqué Apple directement. Même la firme à la pomme a joué le jeu de la comparaison pour essayer de s’en tirer.  Mais pour le moment, celui semblant le mieux utiliser la situation, est sans aucun doute Samsung. S’étant déjà fait remarquer avec un print légèrement moqueur, la marque a – la semaine dernière – fait sensation en Angleterre.

Samsung n’a en effet pas voulu s’arrêter au simple fait de clamer que son Galaxy S n’avait pas de problème de réception et a, pour cela, simplement proposé aux détenteurs d’iPhone 4 mécontents de leur envoyer un Galaxy S gratuitement. L’opération fût mise en place via le compte Twitter @samsungukmobile qui scannait les tweets à la recherche de victimes de l’iPhone 4 et leur proposait le Galaxy S pour qu’ils aient un téléphone qui fonctionne. Une opé qui n’est pas sans rappeler – dans la logique de proximité avec les utilisateurs du réseau – celle réalisée par Ashton Kutcher à l’occasion de la sortie de Killers.

Wired a récupéré la confirmation auprès de Samsung que tout ceci était bien organisé par la marque, c’était assez beau pour n’être qu’un canular, avouons-le.

« Recently there has been a real increase in online activity from consumers dissatisfied with some of our competitors’ products. We decided to contact a cross section of individuals to offer them a free Samsung Galaxy S as a replacement, as we’re confident that once people have the phone in their hands, they’ll see how impressive it is for themselves. »

C’est à mon sens une opération excellente, entièrement basée sur l’aspect incroyable du geste. La distribution n’a pas été massive non plus car l’opération n’a duré que 3 jours, mais ces quelques smartphones offerts ont permis à Samsung d’améliorer son image, crédibiliser sa communication et finalement de jouir d’une visibilité importante, le tout à très bas coût. So nice.

Déroulement : juillet 2010
Sources : Droidedup + CNN + TNW + Wired

Nissan est actuellement au centre d’une excitation médiatique savamment déclenchée. Plutôt expérimentée dans le domaine, ce n’est pas la première fois que la marque nippone se fait remarquer en se frottant à la concurrence. Elle avait déjà montré qu’elle aimait jouer avec les autres annonceurs, jusqu’à se moquer d’eux ouvertement, mais cette fois-ci, le constructeur revient avec une campagne beaucoup plus osée, engendrant logiquement de nombreuses réactions. Une véritable guerre froide s’est en effet installée entre Nissan et certains de ses concurrents allemands, Porsche en particulier. Une guerre qui aurait éclaté lorsque Nissan a initié sa nouvelle campagne à l’aide de deux opérations alternatives, réalisées successivement au Goodwood Festival of Speed (du 2 au 4 juillet) et à Londres, la semaine dernière.

Coups fourrés à Goodwood

Le Goodwood Speed Festival est un festival anglais où s’exposent un grand nombre de modèles sportifs. Nissan était apparemment présent lors de l’évènement, et pour fêter sa domination sur Porsche constatée plus tôt dans l’année sur le circuit allemand de Nürburgrin, la marque japonaise a placé sur sa 370Z des stickers, de la même manière qu’étaient marqués les avions de combat de la 2° Guerre Mondiale par les pilotes victorieux. Un geste de provocation relativement puéril, mais qui a fonctionné puisque Porsche a exigé que son logo soit retiré de la sportive. Ci-dessous, le seul visuel ayant filtré et donnant un aperçu de la customisation à l’origine de l’affaire.

Provocation londonienne

Non content de l’épisode Goodwood et de l’effet sur ses concurrents, Nissan a voulu retourner le couteau dans la plaie, avec un dispositif lancé la semaine dernière dans les rues de Londres où une Porsche et une Audi portant respectivement les messages « I dream of being as fast as a Nissan 370Z » et « More expensive, slower and less powerful than a Nissan 370Z » se sont baladées, dans l’optique de continuer à narguer allègrement Porsche et consorts. De quoi alimenter la presse en tout cas.

How to beat the Germans ?

Pour terminer sa fronde contre les constructeurs allemands, Nissan s’est offert une présence sur toute l’Angleterre, en print et au travers de billboards mettant en avant les capacités de la 370Z à battre ses concurrentes, tant au niveau du tarif que des performances. Ceci aurait pu être considéré comme de la banale publicité comparative si Nissan n’avait pas joué une dernière carte offensive, en attaquant Audi, BMW et Porsche en même temps grâce à leur pays d’origine commun. La campagne, composée de jeux de mots et intitulée « How to beat the Germans » n’est pas forcément du meilleur goût, mais est plutôt pertinentes si l’on considère que sa portée a largement dépassé le simple territoire anglais, ce qui – mis à part en Allemagne – doit probablement être bénéfique.

Billboard Nissan sur le cinéma Imax du British Film Institute, à Londres

Nissan doit tout à Porsche

Sans la marque allemande, rien n’aurait en effet été possible. Ayant bêtement – il faut le dire – mordu à l’hameçon, Porsche a permis de faire monter le ton, notamment en menaçant de poursuivre Nissan en justice pour violation de copyright lors de l’utilisation de son logo au Goodwood Festival. Une erreur qui a généré un nombre de retombées important dans la presse spécialisée anglaise, puis mondiale. Ces retombées ne sont d’ailleurs basées que sur le visuel photoshopé visible plus haut dans l’article et les déclarations de la marque allemande. Porsche aurait donc pu ne rien dire pour limiter l’impact de la provocation, car le fait de protester n’a fait que confirmer les faits et empirer les choses. Ils doivent bien rigoler chez Nissan…

UPDATE  15h30 : Nissan UK vient de confirmer (Exclu QG) que – contrairement à ce qui peut être indiqué sur d’autres sites – le logo Porsche n’a jamais été remplacé par le nom de la marque lorsque le constructeur allemand à demandé à ce qu’il soit retiré. Nissan n’a pas tenu tête et a retiré tous les logos dès que la demande fût faite. Les PR  de Nissan ont aussi expliqué pourquoi nous devions nous contenter que d’un simple montage  :  Leur photographe serait arrivé trop tard à Goodwood pour pouvoir immortaliser l’action. Aucune photo officielle donc. Porsche aurait vraiment dû laisser couler.

Agence : TBWA Londres (site | opés)
Déroulement : juillet 2010
Sources : The Guardian + Nissan

La campagne brésilienne de la Clio 2011 appuie sur l’aspect populaire du modèle. Il semblerait d’ailleurs qu’il le soit tellement – en tout cas aux yeux de Renault – que les autres voitures en seraient jalouses. Afin de renforcer cette situation, la marque a fait placer dans les rues de Sao Paulo des couvertures imprimées sur des voitures concurrentes. La mention « La populaire que toutes les populaires aimeraient être » s’occupait d’en rappeler la raison.

Peut-être pas des plus pertinentes au niveau du message, cette opé a le mérite – en jouant la carte de la provocation sans aller trop loin – de titiller la concurrence, et en général, ce type de dispositif ne passe pas inaperçu…

Agence : Samba pro (site | opés)
Déroulement : juillet 2010
Sources : Bicho de Goiaba + uolcarros

La société américaine Covia Labs faisait lundi dernier une démonstration de son produit Alert & Respond, permettant entre autres de tracer un téléphone à distance via GPS. Pendant que David Kahn, le CEO, montrait sur un écran le positionnement du téléphone porté par l’une de ses collègues sur le trottoir jouxtant leurs bureaux, il fût surpris de le voir brusquement prendre une vitesse élevée. Lorsque la collègue en question revint sans l’iphone, expliquant qu’un voleur à vélo s’en était emparé, ils appelèrent la police et lui indiquèrent la position du voleur en temps réel. Le pauvre n’a pu tenir que 10 minutes avant de se faire interpeller.

Coup de chance ultime ?

Pas pour le voleur en tous les cas, ce dernier étant désormais connu comme le « San Francisco’s unluckiest thief », mais pour Covia Labs, la situation n’aurait pu être meilleure. Comme on le sait, organiser des évènements PR est une très bonne pratique, mais c’est aussi s’exposer à de gros désagréments en cas d’erreur, Volvo et Audi en ont fait les frais dernièrement. Cependant, quand les choses se passent bien, et qu’en plus un coup du sors vient confirmer l’utilité et l’efficacité de votre produit, que rêver de plus ?

Ce qui est certain, c’est que Covia Labs profite depuis hier de retombées très appréciables sur Internet, et tout ceci sans engager de budget supplémentaire. Tout est si bien orchestré, qu’il est difficile dans cette histoire de ne pas se poser la question du faux voleur.

Extrait des commentaires du CEO de Covia Labs sur l’article du SFGate

Les PR Stunts ont préparé le terrain

Oui, car les PR stunts à répétition qui trouvent dans Internet une caisse de résonance excessivement puissante et bien plus accessible que les médias traditionnels, ont aiguisé les sens des utilisateurs, qui considèrent désormais deux raisons éventuelles avec attention dès qu’une news provenant d’une marques (ou de célébrités, hommes politiques, etc) émerge. Une bonne partie essaie en effet de savoir si c’est un PR Stunt ou non. Ce qu’il y a de bien avec cette situation, c’est qu’elle alimente la conversation, entre ceux qui croient et ceux qui crient au Fake. Ce genre de débat se constate aussi – par exemple – avec les vidéos virales à succès, au sujet desquelles les utilisateurs de Youtube et consorts peuvent se déchirer pendant des jours. Bref, les PR Stunts ont posé de solides bases pour que ces derniers deviennent, par leur simple existence en tant que concept, des déclencheurs d’intérêt ultra-puissants. Et ce, sans pour autant que les marques ne soient à la source d’un réel dispositif. Il leur suffit de semer le doute.

Le doute excite

Finalement, ce qui est délicieux, c’est de ne pas savoir si ce coup est monté ou pas. Pour Covia Labs, il semblerait que tout soit sincère, du moins il n’y a presque pas d’informations jouant en défaveur de la start-up, surtout au vu des commentaires laissés par David Kahn sur SFGate. Le doute excite donc, il génère de la conversation, et plus de véritables PR Stunts il y aura, plus les coups de chance de ce genre bénéficieront d’un fort engouement. Par rebond, les PR Stunt semant le doute avec brio ont de beaux jours devant eux.

Déroulement : 19 juillet
Sources : Tuaw + SFGate

Toujours en charge de Denver Water, Sukle nous revient avec une série de billboards mettant à l’honneur la récupération, plutôt que le fait de tout jeter. Pour que ce message soit – comme précédemment – compréhensible rapidement en outdoor, l’agence a recouvert des campagnes d’autres annonceurs avec celle de Denver Water, matérialisée par un bandeau utilisant le minimum de surface pour le message. Les billboards recouverts sont bien réels, et Sukle a dû obtenir l’accord des différents annonceurs concernés pour que ceux-ci laisse Denver Water récupérer leurs emplacements.

Le concept est sympa sur le papier, je ne sais pas s’il est compréhensible en 6 secondes, mais avec plusieurs expositions – et au vu de l’historique de la campagne – cela devrait faire le travail sur place.

Agence : Sukle (site | opés)
Déroulement : juillet 2010
Sources : Adfreak + Sukle

Cette action reportée par l’AFP peut sembler légèrement hors contexte, mais elle illustre très bien ce dont nous parlions le mois dernier, au sujet du stunt pour The Wolfman. Il n’est pas question aujourd’hui – bien heureusement – d’un stunt ayant dérapé au point de constater mort d’homme, mais d’une réalisation nous venant de Russie qui se fait remarquer mondialement pour cause de cruauté envers un animal.

Russie, Golubitskaya, au bord de la mer d’Azov. Un propriétaire d’une plage privée proposant des prestations de parachute ascensionnel a ressenti le besoin de faire la promotion de son activité. Afin de frapper fort, ce dernier a utilisé un âne – apparemment connu dans cette petite ville – pour l’attacher à un parachute, et le balader, suspendu et hurlant au dessus de la mer pendant une demi heure. D’après l’AFP, les vacanciers étaient choqués, les enfants pleuraient, et la scène était insupportable, notamment lorsque l’âne à demi mort a amerri et fût halé sur la plage par les auteurs du stunt.

Cela aurait pu arriver partout, il suffit d’un âne, deux trois idiots et d’un parachute. La question que cette action pose est plutôt celle des limites du stunt. C’est toujours la même chose. Ici on est à peu près sûr que cela ne joue pas en faveur du propriétaire, qui risque soit dit en passant 2 ans de prison, mais mieux orchestré – par des professionnels parce-que c’est tout de même très artisanal – cela aurait pu autant choquer, mais être mieux transformé et finalement plus efficace. Utiliser des animaux, cela peut-être très sympa, mais il y a un moment où se servir de sa tête peut éviter ce genre d’inadmissible faux pas. Encore heureux qu’il n’y ait – a priori – pas d’agence derrière. Pour ceux qui veulent voir la vidéo, vous trouverez la chose sur Youtube.

Déroulement : 20 juillet 2010
Sources : Koboyboyboy + The Guardian + Gulfnews

1,43 million de vues et des centaines de posts plus tard, revenons un instant sur le successeur de la très appréciée Fun Theory de Volkswagen. Depuis le début cette vidéo était intrigante, je ne dis pas ça pour le pigeon qui passe nonchalamment devant la station berlinoise d’Alexanderplatz où s’est déroulé le dispositif du toboggan, mais plutôt pour la façon dont s’est propagée la nouvelle de l’opération.

Je veux en effet bien croire qu’une opé qui se déroule dans un pays lointain culturellement ou géographiquement (Asie, Afrique, Océanie hors Australie et Nouvelle-Zélande), dont peu d’informations émanent dans ce domaine avant que les campagnes ne soient postées sur des sites d’archives publicitaires ou révélées lors de festivals internationaux passe inaperçue, mais là, l’action se déroulait à Berlin. En d’autres termes, quasiment sous nos yeux.

(Lire la suite…)

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