Flesh mob

Organiser un flash mob en 2008 était par son seul fait un véritable évènement. On se souvient de Hey Jude, des freez comme celui de Grand Central à New York, ou encore des danseurs de Liverpool Street Station (20 M de vues tout de même). Suite à ces grosses opérations, certains ont facilement récupéré le concept pour la télé pendant que beaucoup d’autres se rataient avec des flash mobs n’apportant rien au genre (ce qui nous ferait presque dire qu’Afflelou aurait réussi son coup avec son spot). Mais comme pour le film web, le flash mob ne se suffit pas à lui même, et mérite, si l’on veut l’utiliser, que l’on adopte des leviers ayant fait leurs preuves là où les flash mobs aspirent à résonner : Le web.

Greenpeace choque Zurich

Les activistes de Greenpeace et de l’alliance “Non au nucléaire” ont, dans le cadre d’une campagne contre l’utilisation de l’énergie nucléaire, réalisé le 25 mai dernier un flash mob qui connait un certain succès, notamment sur Internet. Le Flash mob en question utilise le levier de l’action choquante, et sans surprise, la vidéo affiche 370 000 vues en 6 jours. Certes, faire écrouler 100 personnes comme si elles étaient victimes d’un accident nucléaire en plein Zurich n’est peut-être pas très responsable, ni très accessible (Quel type de marque oserait ?), mais c’est  bien une preuve que flash mob peut encore faire rimer coût quasi nul et visibilité maximisée.

Le vidéo est quant à elle très bien pensée, car elle mêle des scènes jouées, au début notamment, et le vrai flash mob. Les scènes jouées permettent d’enrober le film d’une couche de fiction, et jouent ainsi un rôle – me semble-t-il – plus publicitaire que l’opération en elle-même, cette dernière agissant finalement comme appât. Le poisson mord, en tout cas.

Billboard zones | Greepeace

Cette action s’inscrit dans une campagne plus globale visant à faire connaitre les précautions trop légères prises par le gouvernement pour réagir en cas d’accident nucléaire (via un système de zones). Toujours dans une optique de confronter les Suisses à un futur potentiellement malheureux, 300 panneaux laissant planer une atmosphère post-apocalyptiques ont été installés dans les zones concernées. Une campagne outdoor dans la même ambiance que le viral, complétée par l’envoi de cartes de zone ciblées à 2000 politiciens ainsi qu’aux 140 000 adhérents Greenpeace.

L’activisme, ça aide pour le viral

Les ONG du type Greenpeace ou PETA, qui sont certaines fois assez extrêmes dans leur communication sont des marques qui ont de la chance. Elles ont de la chance car elles ont – je crois – la légitimité pour faire dans le trash, et le trash, c’est terrible mais ça marche toujours. Tou-jours. Une marque qui n’a pas la chance d’avoir cette légitimité aura beaucoup plus de difficultés à faire décoller un film voulu viral en n’utilisant ni sexe, ni violence, ni trash (ni chats, ni bébés, ni budget etc…) sans avoir au moins une bonne base de fans. Ce que Greenpeace a aussi, du reste. Il n’en est pas moins que le trash nécessite une mise en scène par moment élaborée pour vraiment fonctionner, et Greenpeace a su avec ce film utiliser la suggestion avec brio pour éviter de rentrer (encore une fois) dans le sanguinolent.

Déroulement : 25 mai 2010
Sources : @pierrin + Greenpeace + Electricitesure

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8 comments on “Flesh mob
  1. les gars du bureau sont unanimes …. c’est scandaleusement génial comme opération! J’espère cependant que la communication qui a été faites derrière a été suffisante pour éviter de laisser le “commun des mortels” dans le doute concernant ces morts subites…
    trés belle OP.

  2. Difficile à Pulco de faire la mm chose… On croirait un départ de Thriller 2 sans Mickael.; dem Mric, maintenant je ne sais pas comment le “public” surpris était informe derrière.
    Petit faible pour les suisses, je trouve au coté “signalétique” très étatique un caractère “District 9” tchernobilien plus pointu, chapeau.

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