Comme chez nos voisins anglais, Nissan a pris la parole de façon événementielle pour annoncer la sortie de son nouveau Qashqai. La marque a cependant préféré au street une présence forte dans des stations du métro parisien, Saint-Philippe-du-Roule et Saint-Augustin, deux stations de la ligne 9 très proches l’une de l’autre, où je me suis rendu pour prendre les photos.
Je ne sais pas s’il y a d’autres stations concernées, mais on peut au moins constater que, stratégiquement, l’utilisation de ces deux emplacements permet une répétition plutôt intéressante. L’usager du métro passe en effet potentiellement deux fois en quelques minutes devant les dispositifs, composés d’une présence de la marque sur l’ensemble des 4×3 disponibles ainsi que de taches de peinture collées aux murs.

L’idée des couleurs vaut ce qu’elle vaut, je ne saurai me risquer à une analyse de l’idée, par contre l’exécution et l’utilisation du métro me laissent songeur. Niveau visibilité, il est certain que c’est parfait, mais le métro offre un cadre assez peu qualitatif, il faut le dire. Les murs sont sales, poussiéreux, et l’environnement général – qui plus est des stations concernées – ne donne pas une image si positive au Qashqai. Certes ce constat peut se faire pour d’autres annonceurs, mais il est ici renforcé par l’élément différenciant de la campagne : les taches ressortent moyennement, certaines se décollent – probablement à cause de la poussière -, d’autres sont mal positionnées et le rendu n’est au final pas top, surtout de près. Certains le disent mieux que moi d’ailleurs :

Mais revenons à la visibilité et la capacité du dispositif à capter l’attention des usagers, puisque c’est l’objet du blog tout de même. Pendant que je prenais les photos, j’observais les passagers des trains s’arrêtant en station, ainsi que ceux en sortant. Quasiment tous semblaient lire l’assez pauvre – mais suffisant – message visible sur les 4×3 ou les tâches, et ce, vraiment attentivement. Le dispositif, mis à part les petits aspects négatifs présentés plus haut correspond totalement à ce qu’est pour moi le remarkable advertising. Le being remarkable et la Purple Cow de Seth Godin se retrouvent en effet – presque littéralement – dans cette opé misant tout sur les tâches colorées. Je ne sais pas si les parisiens aiment cette campagne, mais ce qui est sûr, c’est que les usagers éveillés de la ligne 9 n’ont pas pu ignorer le dispositif. Espérons juste pour la marque que mémorisation, attribution et consorts suivront.


Agence : Ubi bene
Déroulement : début mars 2010
Source : Paper-plane